Educateur canin : Un texte éloquent qui résume mon intervention auprès de votre chien

La différence la plus significative entre dresser et éduquer un animal, je l'appris de  Cœurvaillant,  est  dans  l'accentuation.  Cela  dépend  de  l'importance  que  l'on accorde au physique ou au mental de l'animal. L'éleveur conventionnel, suivant les conventions  traditionnelles  et  rigides,  met  l'accent  presque  entièrement  sur  le physique. Pourvu que l'animal paraisse à son avantage et qu'il obéisse promptement aux ordres qu'on lui donne, l'éleveur est satisfait. Cette méthode est, pour l'animal, limitative et donne des résultats stéréotypés.

L'entraîneur conventionnel part de prémices négatives. Il se dit qu'il travaille sur une forme muette et inférieure de la vie qui, au mieux, est incapable de dépasser certaines limites dans l'intelligence et le talent à cause de la "capacité limitée de son cerveau". S'il fait travailler un chien, sa première ambition est de dominer l'animal au point  que  celui-ci  lui  soit  complètement  soumis,  obéisse  à  chacun  de  ses commandements et lui accorde à tout instant une attention idolâtre. C'est comme s'il disait constamment à ce chien : "N'oublie pas que je suis ton seigneur et maître ! Suis donc, et obéis à tout ce que je te commande, sans quoi !" La plupart des animaux dont l'homme s'est servi à des fins égoïstes à travers les siècles ont été les  produits de ce  système  de dressage  sans éducation.  Pour contraindre à une obéissance aveugle on s'est servi d'un minimum d'intelligence et d'un maximum de force. Dans les cercles professionnels on appelle cela la technique pour "les dresser ou les briser". La résistance de l'animal est brisée, et sa spontanéité et son initiative si bien émoussées que, passivement, il fait tout ce qu'exige son entraîneur. Ses impulsions pensantes et naturelles emmurées, il devient un esclave à quatre pattes, satisfaisant servilement les caprices de l'ego humain qui prétend être Dieu pour lui.


L'éducateur agit tout autrement. Plein de pénétration et d'intuition, il met l'accent sur le mental plutôt que sur le physique de l'animal. Il le traite comme un semblable intelligent dont il se refuse à limiter, dans quelque direction que ce soit, les capacités de développement et d'expression. Il sait que l'apparence de l'animal, ses actions et ses talents ne sont que les expressions extérieures de son état d'esprit. Il cherche à l'aider à se servir de ses facultés mentales, afin qu'il y ait des résultats correspondants dans son apparence, son caractère et sa façon d'être.

Issu du livre "Des bêtes et des Hommes" de J. Allen Boone

à propos de Coeurvaillant (chien policier puis chien acteur) et de son éducateur Larry Trimble